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Simplement, nous dirons que l'eau potable est une eau qui ne doit pas porter atteinte à la santé humaine. Elle doit être exempte de bactéries (virus, parasites, agents pathogènes) et non toxique (présence d’éléments chimiques indésirables). De plus, elle doit être agréable à boire, claire et sans odeurs. Une eau destinée à la consommation doit être raisonnablement minéralisée, raisonnablement colorée et limpide, assurée de ne pouvoir nuire à la santé et enfin assurée de ne pas voir ses qualités altérées par le temps ou les conditions de son transport. Le professeur Le Strat utilisait cette formule : "une eau potable est une eau qui plaît à celui qui la boit et ne le rend pas malade". Une eau potable est une eau que l’on peut boire sans risque pour la santé. Afin de définir précisément une eau potable, des normes ont été établies qui fixent notamment les teneurs limites à ne pas dépasser pour un certain nombre de substances nocives et susceptibles d’être présentes dans l’eau. Le fait qu’une eau soit conforme aux normes, c’est-à-dire potable, ne signifie donc pas qu’elle soit exempte de matières polluantes, mais que leur concentration a été jugée suffisamment faible pour ne pas mettre en danger la santé du consommateur. On pourrait donc dire qu'il n'existe pas d'eau potable, mais seulement d'eau conforme aux normes...
Rien n'est poison, tout est poison. Le poison, c'est la dose. (Ambroise Paré) D’une façon plus technique, l’eau potable répond à une définition réglementaire, fixée par la directive européenne 80/778, qui précise les caractéristiques de l'eau potable. Cette directive définit les valeurs limites des paramètres les plus importants. Lorsque la limite de qualité est dépassée, l'eau est déclarée non potable.
Le résidu sec constitue une mesure globale de la minéralisation. Cette dernière peut être également approchée par la mesure de la conductivité ou de son inverse, la résistivité. La présence de matières minérales dissoutes en quantité raisonnable communique à l'eau un goût agréable et apporte à l'organisme de nombreux éléments indispensables. Un excès de certains sels peut rendre l'eau désagréable à boire (Chlorure de sodium ou de magnésium) ou même provoquer des désordres physiologiques (Sulfate de Magnésium laxatif, propriété de certaines eaux minérales). C'est pourquoi la réglementation fixe des limites de concentration pour ces ions.
C'est certainement la présence d'organismes pathogènes dans une eau qui fait courir le plus grand risque pour la santé. Paradoxalement, les paramètres microbiologiques n'ont pas une très grande importance pour le traiteur, car les procédés classiques de désinfection sont d'une quasi parfaite efficacité. Le raisonnement est le suivant : s'il y a présence de germes pathogènes dans une eau, ils seront peu nombreux car hors épidémie, le nombre de sujets potentiellement infectant est très faible. En revanche, le nombre de bactéries banales, hôtes obligés de l'intestin de l'homme et des animaux, est évidemment considérablement plus élevé car provenant de la totalité de la population. La probabilité de trouver un germe pathogène dans l'échantillon analysé est donc infiniment faible s'il y a eu insuffisance de désinfection, alors que celle de rencontrer des germes banals est infiniment plus élevée. La découverte de germes banals dont l'origine fécale est établie indique donc un risque de présence de germes pathogènes sans qu'il soit besoin de la vérifier. Il faut bien avoir à l'esprit que, même en cas de pollution importante, aucune eau ne peut entraîner un risque de toxicité aiguë. Il ne peut exister qu'un risque de toxicité chronique par effet d'accumulation, comme cela a été observé pour le plomb (saturnisme) ou le mercure (maladie de minamata). Une eau naturelle ne constitue pas un milieu favorable au développement des bactéries (température trop basse, quantité de nutriments insuffisante). Lors du prélèvement d'un échantillon, on peut observer une phase de multiplication pendant quelques heures, puis une phase de décroissance. La multiplication des germes dans un réseau de distribution ne peut donc se produire que si ce dernier présente des zones de dépôts riches en matières organiques favorables à la fixation des bactéries et leur apportant la nourriture nécessaire. A partir de ces niches, les bactéries pourront croître et constituer un revêtement mucilagineux très mince dans les conduites, appelé biofilm. Ce dernier est constitué par les excréments et les cadavres de micro-organismes (endotoxines), et constitue une nouvelle source d'énergie pour les bactéries. Le maintien d'une condition aseptique en réseau passe donc, en l'état de la technique, par l'obligation de conserver à l'eau un pouvoir bactériostatique pendant toute la durée de son séjour. Ceci est obtenu par l'injection d'un désinfectant rémanent (chlore ou composé de chlore) avant introduction de l'eau dans le réseau. Si le temps de séjour en réseau est élevé, il sera nécessaire de procéder à une chloration complémentaire en route (généralement aux réservoirs) pour maintenir un résiduel bactériostatique de désinfectant jusqu'au robinet de l'abonné, sans avoir à introduire une quantité inacceptable de chlore au départ. Dans certaines circonstances (long séjour, zones de faible circulation, température élevée, présence d'ammoniaque, eau riche en matières organiques), cette obligation de maintient d'un résiduel de chlore peut entraîner le développement de goûts désagréables et/ou la formation de composés organo-chlorés soupçonnés d'être cancérigènes). Outre les techniques désormais classiques de couplage oxydant fort / charbon actif, la filtration sur membranes (nanofiltration) répond en grande partie à ce problème. Des micro-organismes plus évolués que les bactéries peuvent être également rencontrés dans l'eau (helminthes, protozoaires tels que amibes, cryptosporidium, etc.) et peuvent présenter des risques pour la santé. La réglementation française n'en n'impose pas la recherche actuellement. Cependant, le sujet est activement débattu Ce risque pourrait entraîner la mise en place de nouvelles obligations pour le traitement des eaux (granulométrie des matériaux filtrants, rinçage des filtres après lavage avec décharge des premières eaux, traitement spécifique des eaux de surverse d'épaississeur, etc.).
Pour que les résultats d'analyse provenant de différents laboratoires puissent être comparés, il est évidemment nécessaire que ces laboratoires utilisent les mêmes méthodes et le même mode opératoire. Ces méthodes sont rendues obligatoires par un arrêté ministériel spécifique qui est périodiquement mis à jour (le dernier est l'arrêté du 24.07.89). Il serait beaucoup trop long d'exposer ici ces méthodes. Je renvoie ceux que cela intéresse vers les documents suivants :
Même pour un non-spécialiste, il peut être intéressant de savoir interpréter une analyse d'eau, de vérifier sa cohérence, de savoir détecter d'éventuelles erreurs, voire de reconstituer la teneur en certains ions manquants. Rappel de la notion de milliéquivalent et de degré Dans les analyses, la concentration des différents éléments est presque toujours exprimée en mg/l ou en micro-g/l (mg/l), pour les éléments traces (1 mg/l = 103 mg/l). On trouve aussi parfois, spécialement dans les documents provenant des U.S.A., une expression de la concentration en ppm (partie par million). En toute rigueur, le ppm se rapporte à une concentration poids pour poids. Mais on ne fait pas une grande erreur en l'assimilant au mg/l ou encore au g/m3 lorsqu'il s'agit de solutions extrêmement diluées comme l'eau naturelle. L'expression en mg/l n'est pas commode pour contrôler les résultats d'une analyse. Il faut dans ce cas la remplacer par le milliéquivalent (g) par litre qui se note mé/l ou encore meq/l. Cette notation présente plusieurs avantages :
Dans la chimie de l'eau, on a souvent besoin de connaître non pas le détail des différents ions présents, mais plutôt la somme de certains d'entre eux (Ca+2, Mg+2, carbonates, bicarbonates, etc.). Il s'agit des titres dont nous reparlerons plus loin. Dans ce cas, une mesure exprimée en mg/l n'aurait évidemment aucune signification, alors que mé/l permet une évaluation immédiate. Cependant, une très vieille habitude a été conservée par les traiteurs d'eau français qui consiste à évaluer ces titres dans une unité un peu folklorique, le degré français (°F). FACTEURS DE CONVERSION(MILLIGRAMMES EN MILLIEQUIVALENT ET INVERSEMENT
Unités spécifiques
Il n'existe aucune méthode vraiment satisfaisante et absolue pour contrôler les résultats d'une analyse. En pratique, on ne considère pour les contrôles que les ions dits majeurs, soit :
Les autres éléments qui ne sont présents dans les eaux qu'à des quantités infimes échappent à ce contrôle. Méthode de la conductivité
Si la minéralisation de l'eau excède les valeurs de conductivité citées ci-dessus, on dilue l'eau à analyser avec de l'eau distillée pour ramener la valeur de conductivité dans la gamme 400/500 mS/cm. Signification des titres
Dans les eaux naturelles, le TA ne peut apparaître que si leur pH est supérieur à 8,4. La répartition des ions constitutifs de l'alcalinité peut être calculée à partir des valeurs respectives de TA et TAC. Par convention, ces titres, qui ne se rapportent pas à un ion spécifique, sont toujours exprimés en degrés français.
On peut tirer un certain nombre d'enseignements de la mesure des titres TH et TAC représentent la concentration en sels de Ca+2 ou Mg+2 autres que les bicarbonates, soient les chlorures, sulfates, nitrates. Il s'agit du TH dit permanent. |